BALTHAZAR présente « cinq peintres et un sculpteur » Château de Tours 25 Quai d’Orléans, 37000 Tours, du 6 au 29 mai 1994
Alain Ballereau pousse à l’extrême le thème de l’indécidable, comme s’il entendait se vouer à l’illustration improbable de l’indicible. Sa peinture est donc tout à la fois la plus subtilement figurative, et la plus abstraite qui soit.
De tonalité mélancolique, car on est d’abord sensible aux gris, aux bruns, à la rouille des formes qui se délitent sur des plaines de blancs incertains, ses tableaux échappent sous l’œil à l’inertie de la mélancolie. Dans l’insistance avec laquelle Ballereau détourne l’abstraction et fauche la figuration, on décèle une obstination qui, de prudente, devient rapidement insolente.
Insolence tour à tour espiègle et timide, révélatrice et déceptive.
Il en résulte une poésie sèche, d’une évidence inséparablement hautaine et humaine. La mélancolie subsiste, comme la façade poétique d’une ironie essentielle, à moins que ce ne soit l’ironie qui domine, pour ôter tout brillant au bonheur d’être triste.